Patrimoine

MAISON FORTE 

 HISTORIQUE (d’après Mme BROCARD, Châteaux et maisons fortes savoyards)

 

« La Croix faisait partie, au moyen Age, de la châtellenie ou mandement de l’Huille. La maison forte date du XIII siècle, elle avait son rempart et ses fossés, car elle fut élevée pour défendre la vallée contre les incursions dauphinoises, mais connut une existence pacifique

Elle comporte à l’est, deux tourelles qui furent décapités en 1794, sur les ordres du conventionnel Albitte. Ses salles, avec de vastes cheminées, des dallages en briques (disparu à ce jour) et des fenêtres à meneaux, ont gardé leur aspect ancien. Elle appartint à Hugues de la Croix, en 1289 et Guillaume (1300), qui possédait aussi une maison forte au « castrum » de la Rochette. Après le XIII siècle, son époque la plus brillante fut les XV me et XVI me siècles (dont datent les ouvertures), car Antoine de la Ravoyre de la Croix était en 1482, le procureur du comte Louis de la Chambre, seigneur de la Rochette, l’Huille et autres lieux…

…1576, les Ravoyre eurent pour héritiers les Germanet et les Dufresne, dits Ravoyre de la Croix, dont l’héritière universelle, Claude Dufresne. Apporta en mariage tous ses biens à Jean d’Albier du Verneil. La dernière d’Albier, Philiberte épousa en 1778, Jean Marie Anselme de la Chavanne, aïeul de Madame Gonthier, qui la laissa aux propriétaires actuels, les Anselme-Flattet.

Le Château (Maison Forte) est actuellement depuis 2013 la propriété de la commune de La Croix de La Rochette

DESCRIPTION

La maison forte de La Croix se situe au centre de la commune de la croix de la Rochette en bordure de la rue du Château. Le (ou les) bâtiment(s) sont insérés dans un ensemble de construction formant un îlot compact sur l’arrière au nord ouest. Le château avec sa tour s’ouvre sur un espace totalement dégagé au nord est, sud est et sud ouest. Cet ensemble se compose en deux parties :

1) La plus ancienne partie est une importante construction rectangulaire sur l’axe nord-ouest/sud-est de 19 m X 11 m ; à ce corps de bâtiment est accolée une tour ronde à l’angle est. Ce bâtiment se compose principalement d’un ensemble de deux grandes pièces qui se superposent sur trois niveaux et qui s’articulent au centre par un escalier en colimaçon se terminant par un pigeonnier. Les fenêtres ont des encadrements en pierres taillées avec gorge sur la façade sud ouest. Sur la façade sud-est certaines fenêtres en pierres ont des traverses formant deux ouvertures hautes et basses et enfin une magnifique fenêtre à meneau et croisillon (ou traverse) sur la façade nord est.

2) La partie la plus récente se cale perpendiculairement à la maison forte sur la partie arrière et l’ensemble forme un L encadrant un espace jardin au sud. Cette construction moins massive est également rectangulaire sur l’axe nord-est/sud-ouest. Ce bâtiment se compose principalement d’un ensemble de pièces en enfilade qui se superposent sur trois niveaux s’articulant au centre par un escalier rampe sur rampe. Sur la partie nord est un escalier en colimaçon donne accès à chaque niveau dont un balcon. Les fenêtres ont des encadrements en pierres taillées avec feuillures pour encastrer les volets dans la façade.

 

L’EGLISE :

L’église date du 11ème siècle et fait partie du patrimoine de la commune avec son étroit clocher, élégant et particulier, qui est enduit au plâtre. Elle possède un belvédère accessible en longeant l’église latéralement. Une terrasse en promontoire sur la vallée, tenue par un mur de soutènement, offre une vue remarquable sur le Val Gelon et les sommets de l’extrémité de la Chaîne de Belledonne.

En 2003, les façades ont été restaurées, la couverture a été rénovée par la mise en place d’ardoises naturelles, l’avancée a été réalisée en lauzes selon les préconisations de l’architecte des bâtiments de France. En 2017 les peintures intérieures ont été rafraichies, les escaliers en bois modifiés et consolidés.

 

LA FRANQUE OU MAISON DES RESISANTS

En février 1943, le décret de Vichy précise l’envoi au travail obligatoire des classes 40, 41 et 42 (STO). La grande majorité des jeunes doit rejoindre l’Allemagne… Ils tentent par tous les moyens de se cacher…

A l’été 1943, à la Franque, au sommet du hameau de Montalbout, une trentaine d’hommes se réfugie dans une ancienne ferme appartenant à la famille FINAS.

Férréol Finas, négociant en vin, à cette époque, est le chef de l’Armée Secrète d’Aiguebelle et entretient des relations très étroites avec la Résistance Rochettoise.

Le Chalet de la Grande Montagne d’Arvillard, celui de Presle, la maison Genin près de Détrier, la Franque à La Croix, sont autant d’abris qui permettent aux maquisards de fuir la milice et les troupes d’occupation.

La Franque devient rapidement un pion important dans le dispositif local en étant le siège du maquis, pour tous ceux qui refusent le STO. Leur chef est Armand TONI. Ils sont ravitaillés en nourriture par des commerçants et des paysans proches du maquis…

C’est aussi près de la Franque qu’a lieu le premier parachutage d’armes du canton en février 1944.

Raymond BELLINGUIER dit « La Vapeur » le chef du corps franc départemental de l’AS s’y replie pour fuir la Gestapo.

En 1989, Mr ROMANET, président du groupe de marche de BVVG, balise un sentier en partant des Tours de Montmayeur et découvre la plaque « Ici ont séjourné des réfractaires au STO ainsi que de nombreux résistants ». Gaston RENAUD décide d’apposer celle-ci sur un mur de la Franque.

Sous la conduite du maître d’oeuvre Régis TONI (fils d’Armand) et avec l’aide de Croëjus et de Rochettois, la rénovation de la « Maison des Résistants » est entreprise. Ce projet nécessite 1 500 heures de travail. Les matériaux sont offerts par la famille FINAS.

Au printemps 2012, Hélène FINAS informe la commune de La Croix de La Rochette de son intention de vendre la Franque avec les terrains et les bois attenants. Le Conseil Municipal a alors décidé d’acheter cet ensemble de biens. Ainsi, ce lieu, chargé d’histoire, est désormais public. Les commémorations et le rassemblement des anciens résistants pourront perdurer sur ce site.